Les données nous entourent au quotidien. Leur volume augmente de manière exponentielle avec l'avènement du numérique. Aujourd'hui, les données constituent un véritable or. À l'occasion du Grand Salon de la Data en Afrique, les métiers de la data ont été mis en lumière à travers le thème : « Métiers de la data et insertion professionnelle », le 17 juillet 2026. La définition de la data, la typologie des métiers, les compétences clés à développer et les perspectives d'emploi ont animé les échanges. En premier lieu, les panélistes définissent la data (donnée) comme toute information qui permet de connaître un individu, de réaliser une projection future en vue de prédire son comportement grâce à un ciblage. Aujourd'hui, la data est le carburant des intelligences artificielles. Cela est possible grâce à des compétences spécifiques dans l'environnement de la data. A lire aussi : Métiers de l'information et de la communication : Quelles compétences clés pour réuss...
Entre engagement citoyen et expertise territoriale, Bébé Norbé DA utilise le blogging comme levier pour décrypter la gouvernance locale au Burkina Faso. À travers son parcours, il éclaire les enjeux, l’impact et les défis d’une information de proximité au service des citoyens.
Bébé Norbé DA est élève Administrateur Civil à l’ENAM (depuis octobre 2024) et ancien Secrétaire Général de la mairie de Périgban, une commune rurale de la région du Djôrô. Son parcours allie terrain territorial (marchés publics, gestion locale) et engagement citoyen. Il est également blogueur depuis 2019, correspondant du journal en ligne Bafudjiinfos. M. DA est moniteur et fact-checkeur à l’Association des Blogueurs du Burkina. Il anime un blog personnel sur les collectivités territoriales qui s’appelle « Le blog de la gouvernance locale ».
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Pourquoi avez-vous décidé de créer un blog sur la gouvernance locale ?
J’ai créé ce blog pour rendre compte de la réalité des collectivités territoriales burkinabè, souvent mal couverte ou simplifiée. Travaillant en mairie, j’ai vu le décalage entre les décisions publiques et l’information qui arrive aux citoyens. Le blog est devenu un outil pour publier des analyses, des comptes rendus de conseils des ministres, des textes de décentralisation, et pour suivre l’actualité locale pas à pas.
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Quel lien faite vous entre blogging et gouvenance locale ?
Le blogging est un outil indispensable à la gouvernance locale. Il permet de rendre compte des actions publiques, de publier et commenter les réformes (ex. : le nouveau Code général des collectivités territoriales adopté par l’ALT le 31 décembre 2025) ; d’expliquer les changements institutionnels (ex. : retrait des préfets et gouverneurs des délégations spéciales) ; de relayer les décisions nationales à portée locale (conseils des ministres, remaniements, politiques jeunesse), de publier des articles sur des questions liées à l’eau, la santé et l’éducation. Ainsi, le blog crée un pont entre l’administration territoriale et les citoyens pour mieux les informer.
Comment collectez-vous et vérifiez-vous vos informations ?
La collecte et le traitement de l'information est très importante. Je m’appuie sur les sources officielles (conseils des ministres, lois, décrets, ALT) ; ma connaissance du terrain (ex-mairie, CLE Poni2, marchés publics) ; les formations en fact-checking (ABB, août 2024) et en monitoring des réseaux sociaux ; le croisement systématique des informations avant publication. Sur le blog, chaque article cite généralement une décision officielle ou un événement daté et sourcé.
Comment mesurez-vous l'impact de votre blog ?
Mon blog a déjà eu plusieurs impacts concrets : il a permis à des agents des collectivités de mieux comprendre le nouveau Code général des collectivités territoriales et a relayé des décisions importantes, comme le retrait des préfets et gouverneurs, parfois avant les médias classiques. Il a également suscité des échanges autour de la citoyenneté numérique, en lien avec mon rôle d’ambassadeur de paix numérique. Par ailleurs, il a renforcé mon engagement à l’ABB en tant que moniteur de réseaux sociaux et fact-checkeur, facilité ma sélection à une formation en vérification des faits avec Code for Africa, et conduit à ma nomination par le CIFDHA en 2025 comme jeune ambassadeur de paix sur le numérique.
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Quelles difficultés rencontrez-vous dans votre engagement de blogueur ?
Les principales difficultés sont légion, confie l’administrateur territorial. La régularité de publication est difficile à entretenir lorsqu’il faut concilier formation à l’ENAM, activités associatives et travail de production de billets de blog. L’accès à Internet et aux données officielles dans certaines zones rurales constitue également une limite. La lutte contre la désinformation demande une vigilance permanente. S’ajoutent la faible monétisation et la reconnaissance limitée du blogging citoyen, ainsi que, parfois, des pressions informelles ou des soupçons de partialité lorsqu’on critique une gestion locale.
Marc Kévin BADO
Spécialiste des plateformes numériques de communication
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Merci Norbé pour ce combat. Parfait YE
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