Les données nous entourent au quotidien. Leur volume augmente de manière exponentielle avec l'avènement du numérique. Aujourd'hui, les données constituent un véritable or. À l'occasion du Grand Salon de la Data en Afrique, les métiers de la data ont été mis en lumière à travers le thème : « Métiers de la data et insertion professionnelle », le 17 juillet 2026. La définition de la data, la typologie des métiers, les compétences clés à développer et les perspectives d'emploi ont animé les échanges. En premier lieu, les panélistes définissent la data (donnée) comme toute information qui permet de connaître un individu, de réaliser une projection future en vue de prédire son comportement grâce à un ciblage. Aujourd'hui, la data est le carburant des intelligences artificielles. Cela est possible grâce à des compétences spécifiques dans l'environnement de la data. A lire aussi : Métiers de l'information et de la communication : Quelles compétences clés pour réuss...
SIPEN-UEMOA 2026 : gouvernance, confiance numérique et souveraineté financière, les enjeux de la protection des données
"La gouvernance, la confiance numérique et la souveraineté financière" est le thème qui a réuni les autorités gouvernementales, les acteurs de la FinTech, les entreprises et les étudiants à l'occasion du Salon International des Professionnels de l'Économie Numérique (SIPEN-UEMOA), s'est tenue du 14 au 15 juillet 2026 à l'hôtel Sopatel Silmandé.
La confiance numérique, premier capital des FinTech
La confiance des utilisateurs est le premier actif des FinTech. Ces entreprises conservent des informations relevant de la vie privée de leurs utilisateurs. Dans ce contexte, le principe de la bonne gouvernance constitue un enjeu majeur pour ces organisations financières du numérique.
Pourquoi ? Parce que la confiance n'est pas le résultat de l'innovation. Elle se construit par la transparence et le respect des utilisateurs.
Les panélistes ont insisté sur une question essentielle : de quelles données a-t-on réellement besoin pour exploiter un service financier ? Selon eux, il est indispensable de connaître la finalité de l'usage des données dès la phase de conception des solutions numériques. Les acteurs doivent également mesurer les enjeux liés à l'exposition des données, qu'ils soient techniques, organisationnels ou juridiques, afin d'assurer une protection efficace des systèmes.
L'identifiant unique au service de la confiance
Selon M. Millogo, l'État doit se charger de l'identification des utilisateurs des services financiers à travers un identifiant unique afin de renforcer la confiance dans les transactions numériques. Comment réduire la dépendance aux technologies étrangères ?
La souveraineté numérique, un levier stratégique
La souveraineté numérique est souvent perçue comme un concept abstrait. Pourtant, la maîtrise des données financières est stratégique, car elle contribue à la compréhension et à la prévision de l'économie.
La maîtrise des technologies permet de concevoir, de sécuriser et de réguler le marché financier. Elle doit s'accompagner du développement des compétences afin d'assurer une réelle maîtrise de la donnée.
Toutefois, les panélistes ont rappelé que la souveraineté ne signifie pas l'autarcie. Les institutions financières technologiques gagneraient à développer progressivement leurs capacités et à diversifier leurs partenaires.
Parmi les recommandations formulées figurent :
- renforcer la coopération financière entre les opérateurs ;
- renforcer la corégulation entre l'État et les acteurs du secteur financier ;
- harmoniser les pratiques de gouvernance dans l'espace UEMOA ;
- développer des infrastructures à clés publiques (PKI) ainsi que des infrastructures financières régionales.
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| De gauche vers la droite : Bernard Abaloutou Bialabna, Hervé Moundouho Cissp, Adolphe Kaboré, la modératrice Halguièta Nassa, Charles Millogo et Alassane Kafando. |
Réduire la dépendance aux technologies étrangères
Les panélistes ont souligné que les données critiques sont encore largement hébergées sur des infrastructures cloud situées à l'extérieur, tout comme de nombreux noms de domaine, au détriment du domaine national .bf
Dans le cadre de sa mission de régulation, le gouvernement a engagé les 12 chantiers du numérique, dont l'un des objectifs est de parvenir à « zéro donnée à l'extérieur » pour les données stratégiques.
Les experts recommandent notamment :
le renforcement de la coopération financière entre les opérateurs ;
la corégulation entre l'État et les acteurs du numérique ;
l'harmonisation des pratiques de gouvernance ;
le développement d'infrastructures à clés publiques et d'infrastructures financières régionales.
Le droit à l'oubli face aux défis du numérique
Les échanges ont également porté sur le droit à l'oubli numérique.
Les intervenants reconnaissent qu'il demeure difficile d'effacer définitivement des informations dans l'environnement numérique. Les citoyens peuvent toutefois saisir les autorités de protection des données personnelles afin d'exercer ce droit, même si son application reste complexe face aux grandes plateformes numériques, notamment les GAFAM.
Marc Kévin BADO
Spécialiste des plateformes
numériques de communication


Article intéressant, merci pour la synthèse. Deux points me questionnent :
RépondreSupprimerSur le « zéro donnée à l'extérieur » : l'ambition est juste, mais elle suppose une capacité d'hébergement local (datacenters, redondance, sécurité) que peu d'opérateurs de la sous-région ont aujourd'hui. Est-ce que les 12 chantiers du numérique prévoient un calendrier réaliste pour construire cette capacité, ou est-ce qu'on risque un objectif politique sans infrastructure derrière ?
Sur le droit à l'oubli face aux GAFAM : les autorités nationales de protection des données ont-elles un vrai rapport de force face à ces plateformes, ou est-ce surtout déclaratif ? Un cas concret où ce droit a été exercé avec succès dans l'espace UEMOA donnerait plus de poids à la recommandation.