Tout commence parfois par un post, une accusation, une photo ou une vidéo. Puis viennent les likes, les commentaires et les partages qui rendent le post viral. En quelques heures, la publication devient virale. Elle transforme les réseaux sociaux en véritable tribunal populaire. Ces comportements permet de toucher du doigt notre rapport aux réseaux sociaux. Derrière chaque publication, chaque commentaire et chaque partage, il y a des personnes, des réputations et parfois des vies bouleversées. La réflexion de Bénédicte Ste Flye, notamment autour des « 7 péchés capitaux des réseaux sociaux », permet d’interroger ces nouveaux comportements numériques et notre responsabilité collective dans la manière dont nous utilisons les plateformes. Image générée par IA « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre » « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ! » Jésus répond ainsi à une foule qui lui présente ...
Tout commence parfois par un post, une accusation, une photo ou une vidéo. Puis viennent les likes, les commentaires et les partages qui rendent le post viral. En quelques heures, la publication devient virale. Elle transforme les réseaux sociaux en véritable tribunal populaire.
Ces comportements permet de toucher du doigt notre rapport aux réseaux sociaux. Derrière chaque publication, chaque commentaire et chaque partage, il y a des personnes, des réputations et parfois des vies bouleversées. La réflexion de Bénédicte Ste Flye, notamment autour des « 7 péchés capitaux des réseaux sociaux », permet d’interroger ces nouveaux comportements numériques et notre responsabilité collective dans la manière dont nous utilisons les plateformes.
« Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre » « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ! » Jésus répond ainsi à une foule qui lui présente une femme accusée d’adultère, dans l’Évangile selon Jean, chapitre 8, verset 7.
Cette scène biblique fait écho à certaines pratiques observées aujourd’hui sur Internet. Tout commence par un post. Un mot mal placé, des nudes qui fuitent, une fake news, une accusation ou une information sortie de son contexte. Puis s’ensuivent les notifications, les likes, les commentaires et les partages.
La foule, juge auto proclamé constitués
La magie d’Internet opère. Le post devient viral. Les interactions sont de plus en plus virulentes. Les mots pèsent. Ils sentent la violence, le harcèlement. Ils s’accumulent. On baigne alors dans une sorte de chaos numérique. La foule s’accumule dans l’espace public numérique. le tribunal populaire est constitué. Chacun s’adjuge le rôle de juge. Une personne est accusée. Chacun de son bon vouloir, prononce sa sentence en fonction de son état affectif. Sur Internet, les émotions sont parfois gommées par la distance qui sépare les utilisateurs.
Sur Internet, les émotions sont gommées
Les émotions. Les contenus qui suscitent de fortes émotions gagnent souvent en viralité. La liberté de s’exprimer est devenue, dans certains espaces numériques, celle de s’insulter. Les réseaux sociaux se muent en vastes marigots d’aigreur, plutôt qu’en espaces de libre opinion où l’échange devrait pouvoir se faire dans le respect.
Pourtant, l’engagement affectif et émotionnel sur Internet est différent du fait d’avoir quelqu’un en face de soi pour lui dire quelque chose d’agressif. Derrière un écran, la distance peut donner l’impression que les mots ont moins de poids. Pourtant, ils peuvent produire des conséquences bien réelles.
On assiste alors à de véritables agressions numériques. Mais comment participons-nous, nous aussi, à cette agression ?
Quand la colère devient un carburant de la viralité
Quand plusieurs personnes condamnent quelqu’un, l’utilisateur peut avoir le sentiment que la culpabilité de cette personne est évidente. C’est l’effet de foule .
Les contenus qui provoquent beaucoup de réactions peuvent bénéficier d’une plus grande visibilité. La colère devient alors un carburant de l’engagement. Et l’engagement devient un accélérateur de viralité.
À ce stade, la question de savoir si l’information est vraie, fausse, ancienne ou sortie de son contexte peut progressivement passer au second plan. Le tribunal populaire, lui, a déjà commencé à fonctionner.
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| Image générée par IA |
La lapidation digitale n’est pas virtuelle, elle est réelle
La lapidation digitale semble virtuelle, mais elle est pourtant bien réelle. Une personne prise pour cible peut subir :
- une atteinte à sa réputation ;
- des insultes ;
- des menaces ;
- une perte de confiance ;
- des difficultés professionnelles ;
- une exposition de données personnelles ;
- une humiliation durable.
Les traces laissées sur Internet peuvent également être difficiles à effacer. Une erreur commise à 20 ans peut ainsi ressurgir plusieurs années plus tard. Une publication ancienne peut être retrouvée, repartagée et sortir de son contexte. La question n’est donc pas seulement : « Est-ce que j’ai le droit de publier ? » Il faut également se demander : « Quelles conséquences ma publication peut-elle produire ? »
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Avant de partager, faisons une pause
Avant de partager une publication qui accuse ou expose quelqu’un, faisons une pause.
- Première règle : ne partagez pas immédiatement.
La viralité n’est pas une preuve de vérité. Le nombre de commentaires ou de partages ne garantit pas la fiabilité d’une information.
- Deuxième règle : cherchez la source originale.
Une capture d’écran, une publication ou une vidéo peut circuler sans que l’on sache réellement d’où elle vient
- Troisième règle : vérifiez le contexte.
Une vidéo peut être ancienne. Une photo peut venir d’un autre pays. Une capture d’écran peut être falsifiée. Une information peut également avoir été volontairement sortie de son contexte.
- Quatrième règle : évitez de diffuser les données personnelles d’une personne.
Partager un numéro de téléphone, une adresse, des photos privées ou d’autres informations personnelles peut amplifier considérablement les conséquences pour la personne ciblée.
- Cinquième règle : ne participez pas aux insultes.
Dénoncer un comportement ne donne pas le droit d’humilier une personne.
- Sixième règle : si vous n’êtes pas certain, vous pouvez simplement ne pas partager.
Sur Internet, ne rien publier peut aussi être un acte de responsabilité.
Et si nous arrêtions de jeter les premières pierres ?
La question n’est finalement pas de savoir si nous pouvons participer au jugement public. La vraie question est peut-être beaucoup plus simple : Que celui d’entre nous qui n’a jamais commis d’erreur lui jette la première pierre. Sur Internet aussi, nous avons le choix de poser la pierre.
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Marc Kévin BADO
Communicant, analyste et formateur spécialisé
dans les transformations numériques au Burkina Faso.


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