Accéder au contenu principal

Diplomatie numérique : qui raconte le Burkina Faso sur Internet ?

Le 24 juillet 2026, au siège de l’INHEI à Loumbila, le Dr Cyriaque Paré a posé une question essentielle : le Burkina Faso utilise-t-il réellement les possibilités offertes par Internet pour écrire lui-même son récit sur la scène internationale ? rapporte lefaso.net Derrière cette interrogation sur la diplomatie numérique se dessine un enjeu plus large : celui de la capacité des citoyens, des médias et des organisations burkinabè à produire des contenus locaux et à maîtriser les codes du Web. L’histoire de la présence du Burkina Faso sur Internet à travers le cas de lefaso.net permet de comprendre les enjeux actuels de la diplomatie numérique. Lors de son intervention consacrée à « La diplomatie numérique et les nouvelles dynamiques de communication : les médias burkinabè face aux enjeux diplomatiques », le Dr Cyriaque Paré est revenu sur la genèse de Lefaso.net. Créé en 2003, le média numérique répondait notamment à un besoin d’information de la diaspora burkinabè. À l’époque, le Burk...

Naviguer à l'ère du numérique au Burkina Faso: cherté de la connexion, comment parvenir à un accès abordable et inclusif ?

L'Association des Blogueurs du Burkina ABB a tenu à son siège, vendredi 17 novembre 2023, un panel sur le thème: « Coût de l'Internet et développement du Numérique au Burkina Faso ». Au cours des échanges, il a été question de faire l'état des lieux des coûts de la connexion , de mettre en lumière les facteurs qui influent sur les coûts de l'Internet. Enfin, des pistes de réflexion pour réduire l'inflation de l'Internet et de favoriser le développement du numérique. Le panel a été animé par Benoit Kagambèga, secrétaire général de la mairie de Gaongho et secrétaire chargé des affaires extérieures de l’Association Burkinabè des Consommateurs de services de communication Electronique (ABCE)


Neimatou Sakandé, modératrice et Benoit Kagambèga, panéliste

D'emblée, le coût de l'Internet constitue un frein au développement du numérique au Burkina Faso. Sur la base des statistiques de l'Institut National des Sciences Démographique (INSD) il ressort que sur 22 millions d'habitants aux Burkina Faso, 4,9% de la population a accès à Internet.
A cet effet, une comparaison des coûts de l'internet entre les différents réseaux est nécessaire pour comprendre les enjeux de l'accès à la connexion. La pratique actuelle fait état de 500 mégas valable 30 jours à  1500 francs chez Telecel. 500 mégas à 2 100 francs pour valable 30 jours chez Moov Africa. 550 mégas à 1575 francs chez Orange valable 30 jours. Malgré la cherté des données, une date de péremption des datas est imposée par les opérateurs.  Les consommateurs ne jouissent pas de leurs pleins droits d'utiliser comme ils veulent des données mobiles eu égard de l'échéance imposés par les opérateurs de téléphonie mobile. 

Les facteurs cachés derrières les coûts élevés de l'Internet au Burkina Faso

Pour expliquer les raisons de l'inflation de l'Internet, M. Kagambèga relève entre autre le coût élevé des infrastructures à l'image des pilonnes de télécommunication  et de leurs maintenances. De plus, Les téléphonies mobiles doivent payer la licence d'exploitation qui s'élève à 27 milliard l'an à l'Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes  (ARCEP). Sans oublier aussi l'impact de la crise sécuritaire.
Au regard du paysage des compagnies de téléphonie mobile, le manque de concurrence ne favorise pas la souplesse des coûts de connectivités. C'est le lieu de dénoncer l'entente des téléphonies mobiles qui briment les consommateurs. L'absence de code de consommation ne protège pas les utilisateurs des services mobiles. Par exemple, quand une personne décède, il est difficile pour ses proches de recouvrir le solde contenu dans le compte mobile money. 

Membres de l'ABB

Les tarif élevés de l'internet impactent la société burkinabè

L'Internet n'est pas une question d'intellectuelle. C'est une pratique encrée dans nos habitudes. Le tarif élevé des forfaits mobiles empêche l'approfondissement des recherches et l'auto formation par le biais de Internet pour un étudiant. D'autant plus que le gouvernement à mis en place la place la politique un étudiant, un ordinateur. Les acteurs du secteur informel font des affaires dans l'espace virtuel.  Le coût élevé des données mobiles ne permettent pas de faire croitre son chiffre d'affaire.  Sur le plan politique, la cherté de l'Internet renforce l'inégalité sociale. Toutes les couches de la société n'ont pas les moyens de s'offrir la connexion. Dans la sphère sociale, on a l'impression que ce sont les utilisateurs des réseaux sociaux qui se font entendre et qui donnent de la voie dans les prises de décisions.

Quelle politique pour la diminution du coût de l'Internet au Burkina? 

Dans l'optique de contribuer à la réduction de la fracture numérique, le gouvernement a mis en place le Point d'Atterrissage Virtuelle (PAV). Le PAV est une infrastructure numérique d'interconnexion qui permet de garantir un accès stable, fluide et sécurisé pour  réduire la fracture numérique. Le PAV permet de réduire les travaux de génie civil pour avoir accès à la connexion de qualité à moindre coût. Mais la mise en œuvre sur le terrain rencontre des difficultés. Qui plus est, les actions citoyennes avec différentes structures comme la ligue des consommateurs, le RENCOF et bien d'autres organisations interviennent dans la défense des droits des consommateurs. La création de concurrence réelle devrait permettre à chaque opérateur de fixer le coût de l'Internet librement et de permettre aux consommateurs de choisir le meilleur qualité prix pour pouvoir se retrouver. Même si le coût de l'Internet est un facteur qui influence l'émergence du numérique, Il y a d'autres facteurs qui participe au développement du numérique

La culture numérique, une alternative pour réduire la fracture digitale

Les actions d'éducation à l'usage des outils technologiques d'information et de communication appelé la culture du numérique sont  entre autres des facteurs qui contribuent au développement du numérique au Burkina Faso. C'est le lieu de rappeler qu'il est important de créer une confiance numérique. Une confiance numérique qui permet de surfer sur Internet en toute quiétude. L'Etat burkinabè à créée des structures comme l'Agence National des Sécurités des Systèmes d'informations ANSSI, la Commission de l'Information et des Libertés (CIL) pour la protection des données à caractère personnel, la brigade de lutte contre la cybersécurité (BLCC) l' Agence Nationale de promotion des Technologies de l'Information et de Communication (ANPTIC). Ce sont des structures qui permettent de réguler l'espace virtuelles. Elles ont pour mission de garantir une présence en ligne éthique des utilisateurs d'Internet.  Il y a aussi la semaine nationale du numérique qui fait la promotion de l'Internet au Burkina Faso et les actions citoyennes comme celle de l'ABB

Photo de famille des membres de l'Association des Blogueurs du Burkina ABB

En rappel, ces échanges se sont déroulés dans le cadre de l'after work de l' Association des Blogueurs du Burkina. L'after work est un rendez-vous d’échange et de débat sur l’actualité des réseaux numériques. Il sert à faire de nouvelles rencontres, un lieu convivial et idéal pour favoriser la proximité entre les blogueurs. Il est réalisé dans le cadre du projet "Promotion du civisme et de l'autorégulation de l'espace numérique au Burkina Faso" 

Si vous avez des pistes de réflexions, n'hésitez pas à nous les partager en commentaire.

Ensemble, continuons à œuvrer pour un espace numérique plus éthique et responsable.


Marc Kévin BADO 
Community Manager, 
Créateur de contenu multimédia

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Diplomatie numérique : qui raconte le Burkina Faso sur Internet ?

Le 24 juillet 2026, au siège de l’INHEI à Loumbila, le Dr Cyriaque Paré a posé une question essentielle : le Burkina Faso utilise-t-il réellement les possibilités offertes par Internet pour écrire lui-même son récit sur la scène internationale ? rapporte lefaso.net Derrière cette interrogation sur la diplomatie numérique se dessine un enjeu plus large : celui de la capacité des citoyens, des médias et des organisations burkinabè à produire des contenus locaux et à maîtriser les codes du Web. L’histoire de la présence du Burkina Faso sur Internet à travers le cas de lefaso.net permet de comprendre les enjeux actuels de la diplomatie numérique. Lors de son intervention consacrée à « La diplomatie numérique et les nouvelles dynamiques de communication : les médias burkinabè face aux enjeux diplomatiques », le Dr Cyriaque Paré est revenu sur la genèse de Lefaso.net. Créé en 2003, le média numérique répondait notamment à un besoin d’information de la diaspora burkinabè. À l’époque, le Burk...

SEO local : comment créer une fiche d'établissement Google pour rendre votre entreprise visible

Aujourd'hui, la majorité des consommateurs effectuent une recherche sur Internet avant de se rendre dans une boutique physique. Être présent sur les moteurs de recherche n'est donc plus une option, mais une nécessité pour toute entreprise, organisation ou commerce souhaitant développer sa visibilité. Le référencement local, ou SEO local, constitue l'un des moyens les plus efficaces pour apparaître dans les résultats de recherche lorsqu'un internaute recherche un produit ou un service à proximité. Découvrez son fonctionnement et comment créer votre fiche d'établissement Google. Qu'est-ce que le référencement local ? Le référencement local regroupe l'ensemble des techniques qui permettent à une entreprise d'être visible sur les moteurs de recherche auprès des internautes situés dans une zone géographique donnée. L'un des principaux outils du référencement local est la fiche d'établissement Google. Elle permet de géolocaliser votre boutique, votre e...

Identification unique électronique au Burkina Faso :une vaste campagne bientôt lancée

Le gouvernement burkinabè a adopté, jeudi 30 juillet 2026 en Conseil des ministres, un décret portant organisation d'une vaste campagne nationale d'identification unique électronique des personnes physiques. L'annonce a été faite par la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata Zerbo/Sabané. Cette décision constitue une étape importante dans la mise en œuvre du Système d'identification unique électronique de la personne physique, un projet stratégique destiné à moderniser l'identification des citoyens et à renforcer la transformation numérique de l'administration. Selon la ministre Aminata Zerbo/Sabané, le Système d'identification unique électronique permettra à chaque Burkinabè d'être identifié de manière fiable et unique.  « Ce système que nous attendons est maintenant presque finalisé. Cela nous permet d'engager les actions qui conduiront à son opérationnalisation.  Parmi ces actions figure l'e...

De l’ordinateur central à l’Intelligence Artificielle : Le Dr Joachim Tankoano, témoin et acteur de la révolution numérique au Burkina

Le monde change, et avec lui, notre façon de communiquer, de travailler et de vivre. Au cœur de cette métamorphose se trouve la transition numérique. Pour comprendre où nous allons, il est essentiel de savoir d'où nous venons. Au Burkina Faso, cette aventure technologique n'est pas un simple hasard, mais le fruit d'une vision portée par des pionniers, à l'instar du Docteur Joachim Tankoano, dont le parcours a récemment été célébré pour son impact indélébile sur la souveraineté numérique du Burkina Faso.  Dans cet article, nous explorons les trois (et bientôt quatre) grandes phases qui ont jalonné l'histoire de l'informatique et de l'internet burkinabè à partir de son témoignage. L’ère du CENATRIN : Quand l’informatique était une ressource rare (1970 - 1980) La première phase de la transition numérique au Burkina Faso, s'étendant de 1970 à 1980, est ce que les experts appellent l'ère du Mainframe ou des gros ordinateurs centraux. À cette époque, l...

Digitalisation de la santé au Burkina Faso : l'Écosystème Digital Minimal (EDM) améliore la performance du système sanitaire

Comment améliorer la performance du système sanitaire burkinabè grâce à la digitalisation des offres ? Le ministère de la Santé a présenté, le mercredi 22 juillet 2026, les résultats de l'évaluation globale de l'Écosystème digital minimal (EDM) lors d'un atelier de restitution. Menée par l'Association Recherche pour la Santé et le Développement (RESADE), cette étude a porté sur quatre districts sanitaires. Les conclusions mettent en évidence une adoption croissante des outils numériques par les professionnels de santé, selon les informations rapportées par Lefaso.net.   Un outil de pilotage au service de la performance sanitaire  L'Écosystème digital minimal a été conçu comme un véritable outil d'aide à la décision pour le système de santé. « L'EDM est pensé comme un instrument de pilotage qui nous éclaire en continu sur ce qui fonctionne, ce qui résiste et ce qui doit être amélioré », a souligné Vincent Batiéné. Cette approche vise à renforcer le suivi de...

Vidéo-verbalisation au Burkina Faso : quatre infractions sanctionnées dès le 1er août 2026

À compter du 1er août 2026, la vidéo-verbalisation entre officiellement en vigueur au Burkina Faso. Cette mesure, annoncée par le ministère de la Sécurité, vise à renforcer la discipline routière en sanctionnant automatiquement certaines infractions grâce à un système de surveillance.  Quatre infractions concernées par la vidéo-verbalisation Dans un communiqué en date du 10 juillet 2026, le ministre de la Sécurité informe de l’entrée en vigueur de la vidéo-verbalisation portant sur quatre types d’infractions à partir du 1er août 2026. Il s’agit du non-respect des feux tricolores, du non-port de la ceinture de sécurité, de l’usage manuel du téléphone portable au volant ainsi que de l’excès de vitesse.  Une notification par SMS en cas d’infraction  En cas d’infraction, la personne concernée reçoit une notification par SMS l’invitant à procéder au paiement de la contravention sur Faso Arzêka dans un délai d’un mois, sous peine d’immobilisation de l’engin. Un dispositif pour...

Métiers de la data en Afrique : compétences, débouchés et opportunités d'emploi à l'ère de l'IA

Les données nous entourent au quotidien. Leur volume augmente de manière exponentielle avec l'avènement du numérique. Aujourd'hui, les données constituent un véritable or. À l'occasion du Grand Salon de la Data en Afrique, les métiers de la data ont été mis en lumière à travers le thème : « Métiers de la data et insertion professionnelle », le 17 juillet 2026. La définition de la data, la typologie des métiers, les compétences clés à développer et les perspectives d'emploi ont animé les échanges. En premier lieu, les panélistes définissent la data (donnée) comme toute information qui permet de connaître un individu, de réaliser une projection future en vue de prédire son comportement grâce à un ciblage. Aujourd'hui, la data est le carburant des intelligences artificielles. Cela est possible grâce à des compétences spécifiques dans l'environnement de la data. A lire aussi :  Métiers de l'information et de la communication : Quelles compétences clés pour réuss...